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La newsletter qui prend le rire au sérieux

La série 

Une reco de série diffusée en ce moment.
PEN15, saison 1 (Hulu)
Avec Maya Erskine et Anna Konkle. Durée : 10x30 minutes. Sorti le 8 février. 

Le décalage créé par le principe même de PEN15 est hilarant : Maya Erskine et Anna Konkle, les deux comédiennes trentenaires à l'origine de la série, jouent des versions d'elles-mêmes à l'âge de 13 ans, entourées d'un casting de pré-ados. Voir deux adultes engagées jusqu'à l'appareil dentaire dans leurs rôles pour recréer leur puberté gênante du début des années 2000 face à des collégiens boutonneux fait tout le charme des premiers épisodes. Seulement, la série va plus loin que ça : si les situations de malaise de la vie de collège sont d'une extrême justesse, PEN15 aborde avec profondeur cet âge entre fin de l'enfance et découverte de la maturité. Au fil des épisodes, la comédie régressive laisse ainsi place à un vrai portrait d'amitié adolescente, pour finir en apothéose dans deux épisodes aussi drôles qu'émouvants. 

Découverte de la masturbation, premiers baisers : la sexualité ado y est aussi finement représentée que dans la série animée Big Mouth sur Netflix. On entrevoit aussi une filiation avec Freaks & Geeks d'Apatow et Paul Feig, mais PEN15 serait mieux décrite comme une version féminine d'un mash-up entre Step Brothers et les Beaux Gosses. C'est aussi une capsule temporelle pour quiconque a été ado au début des années 2000, entre chat AIM et références à S Club 7 : on aurait presque envie d'y séjourner, si ce n'était pour tous les ragots de cour de récré et les changements corporels qui font de la pré-adolescence un âge compliqué et passionnant. Produite par le trio de The Lonely Island et diffusée sur Hulu, on espère voir PEN15 arriver prochainement chez nous (ce ne sera pas chez OCS, d'après nos infos).

La revue de presse 

Une sélection des meilleurs articles sur la comédie parus ces deux dernières semaines.

Césars. La cérémonie 2019 n’a pas fait exception à la règle : quasiment aucune récompense pour les comédies, malgré de nombreuses nominations. Une constante depuis la création de l’académie, en 1976, analysée à renforts de data par France Inter qui démontre que les comédies reçoivent le plus souvent des récompenses «mineures» quand elles ne repartent pas bredouilles. Le fossé se creuse chaque année entre les Césars et les choix du public alors que Le Film Français place 8 comédies parmi les 10 films français les plus rentables de 2018.

Elmaleh. Etrange défense de Gad Elmaleh dans l'histoire de plagiat dévoilée par CopyComic : après une vidéo extrêmement gênante où il évacue la question grimé en Chouchou, l'humoriste avait fait retirer les deux tweets où apparaissaient les démonstrations de copier-coller. L'Express s'interroge sur cette stratégie qui pose aussi des questions sur le droit à l'anonymat et les droits d'auteur sur Internet. Finalement, Twitter a annulé vendredi la suspension des deux tweets de CopyComic

Disparition. L'humoriste préféré des humoristes: c'est ainsi qu'est souvent présenté Brody Stevens, qui s'est suicidé vendredi, à l'âge de 48 ans. L'Américain était l'un des comiques les plus originaux de la scène de Los Angeles : on l'avait vu à Paris en novembre 2017, au Théâtre de l'Œuvre, avec son stand-up si étrange, entre l'arnaque et le génie, où il se confrontait énergiquement au public en l'engueulant jusqu'à le faire rire, se vantant continuellement d'avoir eu une réplique dans Very Bad Trip. Un peu décontenancé, on avait surtout retenu une phrase: «Vous vous demandez peut-être ce que vous faites là, mais demain matin, vous vous direz que vous avez vécu une expérience pas banale». C'était le cas.

Partridge. Steeve Coogan ressort son personnage culte d'Alan Partridge pour la BBC ce lundi, et ce présentateur quinquagénaire un peu largué n'a jamais semblé aussi actuel en Grande-Bretagne. Un portrait de son créateur est à lire dans le Guardian.

Oscars. «White Savior» : Amber Ruffin et Seth Meyers parodient à peu près tous les films hollywoodiens sur les relations raciales, avec un gros clin d'œil à Green Book, en lice pour l'oscar du meilleur long métrage ce dimanche.

Le docu 

Une reco d'un documentaire à voir en ce moment.
Aux quatre coins de la comédie (Netflix)
Avec Larry Charles. Durée : 4x60 minutes. Sorti le 15 février.
Scénariste de Seinfeld puis réalisateur des films de Sacha Baron Cohen, de Borat à The Dictator, Larry Charles est une légende de la comédie. Pour ce docu-série en quatre épisodes, il est parti aux quatre coins de la planète pour interroger des humoristes dans des zones dangereuses. Le premier épisode le voit par exemple partir en Irak à la découverte des comédiens du pays, entre le Jon Stewart local qui raconte comment avoir été épargné par ses tortionnaires grâce à l'humour, et un créateur de caméras cachées reproduisant des faux checkpoints de l'Etat islamique.

Fouillé, avec un impressionnant travail d'archives, Aux quatres coins de la comédie met en lumière des réalités tragiques via le prisme de l'humour. Un point de vue hyper original, même si on regrette certains moments qui versent trop dans le sensationnalisme. 

Le one-liner 

The Other Two, saison 1 épisode 4 (Comedy Central)

La BD 

Une reco de bande dessinée sortie récemment.
Pop Corn (Les Rêveurs)
D'Eric Salch. Paru le 7 février.
Pop Corn, c'est le trait acéré et l'humour énervé du dessinateur des FDP de la mode qui, pendant un an, s'est infligé des séances de cinéma pour une chronique BD dans Le Monde. Des films résumés de façon approximative, avec pas mal de mauvaise foi en petits strips hilarants.

Films à Oscars, Palmes d'or, comédies ratées ou drames ennuyeux, Salch se met en scène à l'UGC, hurlant sa rage dans la salle, sortant des séances hors de lui. Enfin ça c'est quand il a vraiment vu les films : les strips les plus drôles sont ceux qu'il dessine d'après des synopsis Wikipédia, pour arnaquer son rédac chef. 

Les podcasts 

Best-of de l'humour en baladodiffusion de ces dernières semaines.  
Floodcast. 17 février.
S04E15 - Une Moitié des RRRrrrrobins Des Bois.
Pierre-François Martin-Laval, Maurice Barthélémy et Elise Larnicol reviennent sur leurs années Robins des bois en compagnie de Florent Bernard et d'Adrien Ménielle pour une conversation passionnante sur la comédie et sa fabrication, en comparaison notamment avec la création vidéo à l'ère YouTube.
Durée : 1h01.

Conan O'Brien needs a friend (Earwolf). 10 février. 
Stephen Colbert.
Conan O'Brien se cherche toujours un ami, et il s'est cette fois rendu chez Stephen Colbert. Les deux sommités des late shows US s'apprécient, se connaissent un peu, mais pas tant que ça, et c'est d'autant plus plaisant de les écouter se découvrir des points communs au fil de l'épisode. 
Durée : 55 minutes. Podcast en anglais.

Un épisode et j'arrête ? (ACS/Binge Audio). 10 février.
« The Good Place » au paradis des comédies.
Rebondissements incessants, dynamique des personnages créés par le showrunner Mike Schur (Parks and Recreation, Brooklyn 99) et questions philosophiques soulevées par le thème de la vie après la mort : la série termine sa troisième saison sur Netflix et parvient toujours à se renouveler, mais assure-t-elle pour autant sa place parmi les séries cultes? L'équipe d'Un épisode et j'arrête répond à la question.
Durée : 32 minutes. 
Cette newsletter est une œuvre originale d'Adrien Franque et Clément Mathis.
Logo et illustration : Pierre Thyss.
Web designer : Thomas Devos.


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