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Tout le monde s'accordait tellement à dire que la période actuelle ressemblait à un épisode de South Park, que les créateurs de South Park ont décidé d'en faire un épisode. Un Pandemic special qu'on aborde en ouverture de ce numéro 72, avant d'aller voir ce que donne le premier spectacle de Pierre Thévenoux au Point Virgule, de vous donner envie de regarder Michelle Buteau ou même de devenir Kajillionaire, du nom de la dernière comédie indé en salles actuellement. Bonne lecture !

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Tout le monde ne parle que de ça

Capture d'écran Comedy Central

SOUTH PARK
Pandemic Special
Durée : 48 mn. Diffusé le 1er octobre sur Comedy Central France.

Après un confinement fatal pour de nombreux commerces et pénible pour le moral des habitants, la ville de South Park décide de rouvrir son école. Tous les élèves, à l’exception de l’éternellement ingérable Cartman, se réjouissent, mais se heurtent vite au protocole sanitaire hyper contraignant imposé par les autorités. Alors que la police remplace les enseignants, les anti-masques s’opposent aux parents inquiets et Randy, le père de Stan, se dit qu'il a peut-être joué un rôle à l'origine de la pandémie.

La difficulté pour les auteurs de South Park, eux-mêmes contraints de travailler à distance pour réaliser cet épisode, était de réussir à se moquer d’une actualité déjà absurde. Entre le coronavirus, les mesures sanitaires indéchiffrables ou les violences policières, les ingrédients prêts à l'emploi ne manquaient pas. La recette bête et méchante fonctionne, comme toujours, mais on reste finalement un peu sur sa faim devant ces vannes méta ou ces gags trash pas spécialement inventifs. Ce «Pandemic special» donne à voir une simple relecture cynique et délirante des événements, même s'il pointe aussi quelques terreurs à suivre, notamment les égoïsmes de chacun qui laissent peu de place à l’espoir d’une issue positive à la crise.
 

Les meilleurs articles sur la comédie parus dernièrement

Memes. Pouvait-on déceler dans la meme culture du tournant des années 2010 l'émergence d'un nouveau suprémacisme blanc connecté? Dans un long et passionnant article, The Atlantic analyse le glissement, en quelques années, des memes ironiques sur Hitler vers des milices bien réelles d'extrême droite.

Comédies. Pourquoi cette overdose de comédies françaises chaque année au cinéma ? Ecran Large explique dans une vidéo très pédago comment les chaînes de télé produisent des œuvres grand public destinées à une diffusion en prime-time pour toute la famille plutôt qu’à un succès critique.

Analyse. Après avoir analysé l'aspect scientifique du rire (on en avait parlé dans notre numéro 70), l'excellente chaîne YouTube «Le Vortex» aborde cette fois l'humour par la socio-linguistique : problèmes de traduction des blagues, de contexte culturel, ou d'élitisme, avec Kaamelott ou la version québécoise de Caméra Café en référence.

Comedy clubs. Télérama est allé passer une soirée dans chacun des nouveaux comedy clubs de Paris, le Barbès de Shirley Souagnon, le Fridge de Kev Adams et le Madame Sarfati de Fary, trois lieux qui se complètent parfaitement.

Quino. «Je n’ai jamais eu l’intention que Mafalda dure si longtemps. J’espérais que la situation du monde s’améliore, mais les politiques libérales rendent les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres.» Dans un article repéré par Courrier International, le quotidien argentin Clarín se souvient du dessinateur engagé Quino, mort le 30 septembre.
 

Humour prometteur d'origine contrôlée

Photo DR

PIERRE THEVENOUX
En spectacle au Point Virgule (Paris) jusqu'au 29 décembre.

Dans le résumé de son spectacle qu’il a écrit lui-même à la troisième personne «pour faire genre il a une équipe avec lui», Pierre Thévenoux se qualifie de «néo-beauf». En allant juger sur pièce, c’est plus compliqué que ça. Gaillard hirsute au look entre le bûcheron et le glandeur, il s’assume comme trentenaire paumé, dépassé par a peu près tout, le boulot, les relations, la vie et même la mort. S'attaquant gratuitement aux amis allemands de sa copine, aux life-coachs trop motivés ou aux paisibles amateurs de randonnée («Quand un sport cartonne, il y a forcément un jeu vidéo de ouf derrière. Randonnée Simulator ? Jamais entendu parler»), Thévenoux est hyper à l’aise avec son public, lui qui rôde ce spectacle depuis plusieurs années.

Sous ses airs de bourrin désabusé, les vannes fusent : avec un sens de la formule travaillée et truffée de références en tous genres, Pierre Thévenoux nous raconte ses questionnements de provincial monté à Paris, et ceux d’une génération à qui on demande de régler tous les problèmes du monde. En commençant par l’écologie, enjeu trop lourd à porter : «C’est comme si à la fin d’un match de foot, tu perds 12-0 et on te fait rentrer sur le terrain en te disant “Allez, marque des buts, on doit gagner !”».
 

Une vanne, une seule

MICHELLE BUTEAU
Welcome to Buteaupia
Durée : 58 mn. Diffusé le 29 septembre sur Netflix.

Une comédie d'aujourd'hui ou d'hier, forcément actuelle

Photo Apollo Films

KAJILLIONAIRE
Durée : 1h45. En salles depuis le 30 septembre. Réalisé par Miranda July.

Née au milieu de parents survivants grâce à des arnaques et des petits larcins, Old Dolio (Evan Rachel Wood) n'a connu, à 26 ans, que la marginalité et la paranoïa. Jusqu'à ce que s'invite dans l'intense noyau familial une jeune femme extravertie, son opposée totale, Melanie (Gina Rodriguez). Troisième long-métrage de la réalisatrice-artiste-autrice Miranda July, Kajillionaire possède à première vue tous les codes de la comédie indé américaine avec ses personnages-figurines et son ton hésitant vers le drame. Ici, c'est surtout le contre-emploi d'Evan Rachel Wood, cachée sous une longue chevelure et des survêtements dix fois trop grands, qui fascine. Avec elle et en prenant des chemins détournés, le film va au bout de son programme d'émancipation par la normalité.
 

Le meilleur de l'humour en baladodiffusion

LE BILLET DE PAUL MIRABEL
Chacun sa rentrée des classes.
«Je suis un peu le Olivier Giroud de cette émission sauf que, Olivier Giroud, il est bien payé.» Première chronique en cette rentrée pour Paul Mirabel dans la Bande Originale de Nagui sur France Inter, et déjà l’humoriste, à l’aise, se plaint de son temps d’antenne trop faible.
Sorti le 24 septembre. Durée : 4 minutes.

PLUTOT CAUSTIQUE
S3E01 Rien ne sera plus comme avant.
C’est la rentrée aussi pour le podcast le plus régulier du confinement ! Chorizo «cas contact» à l’appui, Clément et Urbain signent un retour plein de promesses, marqué par un coup de gueule constructif sur les blagues sensibles et leur perception par une audience «premier degré».
Sorti le 27 septembre. Durée : 1h24.

LAISSE MOI FINIR
Lenny M'Bunga.
Dans le tout premier épisode de son podcast, Adrien Arnoux reçoit le standuppeur Lenny M’Bunga. Après les souvenirs de leurs premières années au Jamel Comedy Club ou sur les scènes parisiennes, ils abordent un sujet souvent évoqué par M’Bunga dans ses spectacles, le panafricanisme ou la conscience d’une «culture africaine».
Sorti le 25 septembre. Durée : 52 minutes.

ET POUR FINIR...

Ce seront peut-être les deux euros les mieux dépensés de votre vie : un face-à-face de 50 minutes à la fois tendu et amoureux entre deux bluesmen de la vanne, Sacha Béhar et Augustin Shackelpopoulos de DAVA. C'est Chombo Loco, à voir sur le site Pasquinade.
 
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Une newsletter rédigée par Adrien Franque et Clément Mathis
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Illustration : Pierre Thyss

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