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Le stand-up américain plus ou moins l'arrêt, voilà qu'on ne parle plus que d'humour français. Dans ce numéro 73, c'est ainsi la dernière production de Canal+, La Flamme avec Jonathan Cohen, qui fait la une, tandis qu'on vous recommande le long métrage de Babor Impionçable sur YouTube ou le tome 2 de Faut pas prendre les cons pour des gens d'Emmanuel Reuzé. Bonne lecture !

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Tout le monde ne parle que de ça

Photo MakingProd/Entre 2 et 4 /Canal+

LA FLAMME
Durée : 9x25 mn. Diffusé depuis le 12 octobre sur Canal +.

A la fois adaptation de la série américaine Burning Love et parodie d'émission de télé-réalité type Bachelor, La Flamme voit le pilote de ligne Marc (Jonathan Cohen) tenter de trouver l'amour parmi treize prétendantes. Adèle Exarchopoulos, Leïla Bekhti, Florence Foresti... Le casting est luxueux, jusqu'au plus petit second rôle.

Dès le premier épisode, quelque chose cloche cependant : le mélange des genres rend la chose très inégale, entre la parodie pataude, mêlée à des vannes datées, parfois directement reprises de la série originale, ou à un certain humour YouTube à base de perruques douteuses et de noms grotesques (Chattaléré, vraiment ?). Surtout, l'ambiance générale est à l'impro sans filet, si bien qu'on a parfois l'impression de regarder un spectacle de fin d'année de CM2 en montée de sucre où tout le monde crie, et où les acteurs semblent plus s'amuser que le spectateur.

Ça ne vole pas très haut donc, mais on se surprend quand même à se laisser avoir par le délire permanent d'où émergent quelques idées comiques amenées à devenir culte (la «Jean Guille» dans l'épisode 4, notamment). Forcément taillée pour lui, la série est aussi totalement au service de la force comique inépuisable de Jonathan Cohen, qui emprunte autant l'assurance de façade d'Eric Judor dans Platane que la profonde idiotie des membres de The State, la troupe à l'origine de Burning Love. Dommage cependant que la volonté de la Flamme de surligner la superficialité du regard masculin se heurte à des personnages féminins réduits à des gimmicks. Phallo jusqu'au bout.
 

Les meilleurs articles sur la comédie parus dernièrement

Etats-Unis. A l'approche de l'élection présidentielle américaine, le New York Times Magazine revient sur l'humour politique pendant la présidence Trump. Bilan : l'échec de la satire des humoristes de gauche face au second degré ambigu de Donald Trump. «Trump a neutralisé l'humour politique en déplaçant l'endroit où les blagues se produisent : ce n'est plus sur les plateaux télé mais à la Maison Blanche».

Memes. Interdit sur Facebook après une blague sur les canards qui a fait hurler les défenseurs de la cause animale, le compte Memes Décentralisés, humour potache d’une France campagnarde et connectée renaît sur Instagram. Le Monde revient sur les origines de cette success-story grenobloise. Télérama de son côté aborde l’histoire de la pratique du meme à l'aide d'une excellente vidéo québécoise.

Rires. Une étude de l'université californienne de Stanford révèle que la fréquence des rires baisse cruellement à partir de 23 ans, ce qui correspond à l’entrée dans la vie professionnelle. Courrier International, qui relaie l'étude, se veut rassurant : ça repart à 70 ans, l’âge de la retraite.

Box-office.  A lire dans Télérama, une interview de la réalisatrice Caroline Vignal qui analyse tranquillement le succès surprise de sa comédie Antoinette dans les Cévennes (voir HAHA #71) un mois après sa sortie en salle, dans un contexte pourtant difficile.

Politique. L'Express revient sur la potentielle candidature de Jean-Marie Bigard à la présidentielle de 2022 en se demandant quelle proximité politique les comiques entretiennent-ils avec le peuple ? On y apprend surtout que Bigard prépare une pièce de théâtre en compagnie de gilets jaunes, intitulée Gilets au bout de mes rêves. On a hâte.
 

Humour prometteur d'origine contrôlée

Capture d'écran YouTube

IMPIONÇABLE
Durée : 1h23. Diffusé le 4 octobre sur YouTube.

Les retrouvailles de Jean-Phi et Xav, deux frères éloignés pendant près de six ans, auraient été parfaites sans l’apparition d’un mystérieux Fête-Man, un tapageur roi de l’ambiance qui prend possession du corps de Jean-Phi dès la nuit tombée. Pastiche de drame «à la française» totalement auto-produit par le youtubeur Babor Lelefan, Impionçable déroule pendant près d’une heure et demi une absurdité qui frise avec le malaise. L’un amoureux blessé, l’autre tiraillé par des ambitions professionnelles démesurées et une maladie rare, Jean-Phi et son frère tentent de prendre leurs vies en main, rencontrant en chemin des personnages superbement idiots interprétés par un casting cinq étoiles : de Monsieur Poulpe à Kemar, en passant par Camille Fievez et Allison Chassagne (Glamouze), voire Augustin Shackelpopoulos de DAVA en malsain fils prodigue de Luc Besson.
 

L'humour, c'est surtout visuel

BENJAMIN TRANIÉ - «J'adore le stand-up. Enfin...»
Haroun, Paul Mirabel et Baptiste Lecaplain révèlent leurs secrets pour faire rire mais Benjamin Tranié, qui adore le stand-up, a d’autres techniques plus radicales. Exemple : «Moi, ce que je préfère, c'est le stand-up engagé. Parce que t'es pas obligé d'être marrant.»

Une bande dessinée qu'on vous recommande

FAUT PAS PRENDRE LES CONS POUR DES GENS
Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud
Editions Fluide Glacial. Tome 2 sorti le 7 octobre.

Des lycées privatisés où l'on paye les cours à l'heure, des robots obsolètes obligés de pointer à Pôle emploi, des voitures monoplaces pour contrer le marché du covoiturage... Faut pas prendre les cons pour des gens, succès surprise l'an dernier rayon BD, enfonce le clou dans son tome 2 : le trait est stoïque comme chez Fabcaro, avec qui Emmanuel Reuzé partage aussi un même sens du surréalisme. Ici, les absurdités du capitalisme avancé sont cernées avec une fine acuité, au point d'être parfaitement en phase avec l'actualité : les médecins sont obligés d'héberger leurs patients faute de places dans les hôpitaux, et les CRS chargent des manifs de retraités depuis que les déambulateurs sont classés comme armes de deuxième catégorie. On n'est plus si loin de la réalité.
 

Le meilleur de l'humour en baladodiffusion

SUR UN PLATEAU
#018 Critiques Humour.
Comment les médias traitent-ils du stand-up ? A-t-on le droit d’écrire une critique négative quand on est invité à un spectacle ? Quelles relations avec les artistes, les attachés de presse ? Rossana Di Vincenzo de Télérama et Grégory Plouviez du Parisien répondent à Tristan Lucas.
Sorti le 14 octobre. Durée : 1h03.

POPOPOP
Panayotis Pascot et Lison Daniel : Génération demain.
Dans le cadre de sa journée «spéciale jeunes», France Inter reçoit le stand-uppeur Panayotis Pascot qui joue son spectacle Presque en ce moment au Grand Point Virgule à Paris et la comédienne Lison Daniel, incontournable sur Instagram avec son compte Les Caractères, et qui participe à l’écriture d’une nouvelle série Netflix sur le milieu du stand-up à Paris.
Sorti le 14 octobre. Durée : 53 mn.

ET POUR FINIR...

Comme la Flamme, ce fut une adaptation d'une série télé comique américaine : le Bureau, version française de The Office avec François Berléand à la place de Steve Carell et Ricky Gervais, n'aura duré qu'une saison, diffusée sur Canal + en 2006. Quatorze ans après, ses créateurs Nicolas et Bruno reviennent sur sa genèse pour Première.
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Une newsletter rédigée par Adrien Franque et Clément Mathis
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Illustration : Pierre Thyss

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