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Entre les réunions des castings de nos séries préférées, les comedy clubs qui se réinventent en streaming, ou les teen-movies d'adolescentes indo-américaines (tel Mes premières fois, qu'on vous recommande ici), il reste là, immuable, à distiller ses réflexions sur le golf ou la vie de couple : Jerry Seinfeld et son dernier spectacle sont à l'honneur de notre numéro 64, dans lequel Kyan Khojandi vous racontera aussi ce qui le fait rire, où l'on connaîtra enfin le secret d'Eric et Ramzy pour jouer aussi bien les gogols (grâce à la chaîne Rigolo), avant de finalement faire un tour dans des faits divers des années 1990, avec les reconstitutions absurdes des Rescapés de l'impossible.

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Tout le monde ne parle que de ça
Photo Netflix

JERRY SEINFELD

23 Hours To Kill

Durée : 1h. Diffusé le 5 mai sur Netflix.
«Qui a conçu ces portes de toilettes trop petites, avec un espace en bas où l'on peut voir les pantalons sans vie et le tragique bout des chaussures ?» : dès la bande-annonce de ce nouveau special, on savait qu'on allait avoir droit à du Seinfeld pur, non coupé, du comique d'observation éternel, de la blague de daron parfois oui, mais ciselée. Peu importe qu'il nous resserve des répliques de la série qui l'a rendu immensément célèbre, Jerry Seinfeld se considère, on a l'impression, comme l'équivalent d'un crooner en résidence à Las Vegas à qui on demande avant tout de rejouer ses standards.

Et à 65 ans passés (un âge qui lui convient, ce qu'il raconte de façon plutôt touchante), Seinfeld donne exactement ça au spectateur, avec quelques actualisations prudentes (un passage sur les smartphones notamment) qui ne font pourtant que renforcer la dissonance entre l'époque et son style hyper classique, voire hermétique. Selon la bienveillance qu'on a pour le personnage, ça vire donc parfois à l'auto-caricature, mais doit-on attendre d'un observateur professionnel des banalités du quotidien une tirade enflammée sur MeToo ou Donald Trump ? S'il était vivant, demanderait-on à Sinatra de sortir un morceau trap ?

Reste alors la technique. Changements de ton, jeux de mots (même si ça vire souvent Raymond Devos), rythme, mimes et grimaces : Jerry Seinfeld a toujours cette sophistication et cette efficacité qui démontrent aussi que le stand-up qu'il nous présente est le résultat de dizaines d'heures de travail. Si paresse il y a, elle n'est pas de ce côté-là. Parfois pourtant dans ce 23 Hours To Kill, il réussit tout rêve de stand-uppeur : l'image éloquente que le spectateur emportera chez lui, comme lorsqu'il raconte que, devant un buffet à volonté, notre assiette devient la traduction concrète et comestible de nos problèmes personnels. Espérons que le sketch qu'il sortira de ce confinement (ça semble impossible à éviter), contiendra ce genre de justesse.
Une sélection des meilleurs articles sur la comédie parus dernièrement

Parks & Rec. L'épisode spécial (et plutôt réussi) de Parks & Recreation diffusé il y a dix jours a demandé une logistique toute particulière, comme l'explique son créateur Mike Schur dans Vulture (ou en français chez Slate). Bonus : la chanson finale à la mémoire du regretté poney Lil Sebastian est visible sur YouTube.

Streaming. La diffusion vidéo en direct peut-elle être un remède durable à la fermeture des salles? Pas évident pour le théâtre, plus peut-être pour les humoristes qui ont souvent une communauté prête à les suivre sur internet comme le raconte Libération. Le Barbès Comedy Club a tenté l'expérience samedi,  avec une soirée en live vidéo et des dizaines d'invités.

Vampires. Fausses canines et cercueils de décoration : The AV Club était sur le tournage de la saison 2 de l'excellente What We Do in the Shadows, diffusée actuellement sur Canal +.

De Funès. Réconfortant ? Politiquement Incorrect ? D’après Courrier International, nos voisins allemands ont quelques pistes pour expliquer la passion des Français pour Louis de Funès durant ce confinement.

Ciné-club. Le réalisateur Grolandais Gustave Kervern raconte son amour pour le cinéma «déjanté et rebelle» d’Aki Kaurismäki ou de Benoît Poelvoorde lors d’une soirée ciné-club organisée par Télérama.

Notre questionnaire du rire

KYAN KHOJANDI

Depuis le début de l'année, l'humoriste propose tous les dimanches soirs de passer Un Bon Moment sur sa chaîne YouTube.

Ton dernier rire ?
Ce thread sur le Coffin Dance Meme, j'ai perdu mon souffle.

Ton premier rire ?
Ça devait même être un truc assez fascinant pour moi : c'était les sketchs des Inconnus. La parodie de film d'horreur, les chasseurs...

Un rire honteux ?
Les vannes hardcore que fait mon pote Navo juste pour me mettre mal à l'aise.

Un rire réconfortant ?
Entendre Bill Burr s'énerver me fait beaucoup de bien ! Et l'ambiance générale dans l'Auberge Espagnole de Cédric Klapisch.

Un rire triste ?
J'en donne deux : Vice Versa avec lui et Toy Story 3 avec eux.

Une influence du rire ?
Bill Burr, c'est vraiment le dernier en date ! Quand il tire avec un flingue et n'entend pas la détonation (dans I'm Sorry You Feel That Way), ça m'a tué. Mais beaucoup trop d'humoristes m'ont influencé, ils m'ont montré, par leur travail, le champ des possibles dans les blagues. Ils sont tellement !

Un rire actuel ?
Le rire actuel, il est tous les soirs dans les comedy clubs. Ou sinon, il faut regarder Laura Felpin sur Instagram, Andrew Schulz faire de l'impro, il est assez dingue, Roman Frayssinet aussi par son aisance, Chris D'Elia me fait beaucoup rire, ou encore Fanny Ruwet qui écrit vraiment bien.

Une série à voir en ce moment
Photo Netflix

MES PREMIÈRES FOIS

Durée : 10x25mn. Diffusé le 27 avril sur Netflix.

Dernière production de la très active Mindy Kaling (The Office), Mes premières fois la voit se frotter cette fois au genre du teen chick flick, le film d'adolescente, après avoir essayé de renouveler la rom-com avec The Mindy Project. On suit Devi, 15 ans, bonne élève d'un lycée californien qui cherche à s'épanouir socialement après une année difficile marquée par la mort de son père.

Inspirée de l'adolescence de sa créatrice, la série se donne un point de vue profondément indo-américain, mais, avec ses sportifs beaux gosses et ses bonnes copines nerd, ne dynamite pas vraiment les codes du teen-movie. On y trouve toutefois quantité d'étrangetés réjouissantes, à commencer par une voix off assurée par l'ex-tennisman John McEnroe commentant des histoires d'amour boutonneuses, d'un décalage imparable.

L'humour, c'est surtout visuel
RIGOLO
Enquête sur le super-pouvoir d'Eric et Ramzy
Les critiques de la newsletter Calmos dissèquent l’humour régressif d’Eric & Ramzy à travers l’analyse de leur premier film, la Tour Montparnasse Infernale. Références françaises et américaines à l’appui, de Harpo Marx au Simple Jack de Ben Stiller, la vidéo décrypte en 12 minutes limpides et drôles les mécanismes d’un duo qui joue les gogols comme des génies.
Humour prometteur d'origine contrôlée
Capture d'écran YouTube

LES RESCAPÉS DE L'IMPOSSIBLE

Durée : 2x15mn. Courts-métrages diffusés sur YouTube depuis le 23 avril.

Le danger est partout : un barbecue entre collègues peut avoir des conséquences dramatiques, une simple soirée en cité universitaire tourne parfois au cauchemar. Inspiré des «docudrames» américains des années 1990, ces émissions TV reconstituant des faits divers graves ou insolites, les Rescapés de l’Impossible pousse le genre jusqu’à l’absurde dans ses deux épisodes diffusés sur YouTube.

Plus qu’une parodie, c’est même un exercice de style que propose le producteur indépendant Mathieu Berthon. Scènes de reconstitution grotesques, voix off au ton tragique, galerie de personnages improbables (des sauveteurs de «SOS Bizutage» à l'ouvrier polonais au grand cœur)... Une websérie inattendue accompagnée d'un making-of qui dévoile les rouages d’une production au budget étriqué mais ambitieuse.

Le meilleur de l'humour en baladodiffusion
GOOD ONE
Daniel Sloss's Religion.
Invité du podcast de Vulture, l'humoriste écossais Daniel Sloss y parle surtout de public : pourquoi il haïssait celui de ses débuts, ou pourquoi le public britannique est moins indulgent que le public américain. Spoiler : c'est parce que les trois quarts des comiques US sont nazes selon lui.
Sorti le 28 avril. Durée : 1h16. Podcast en anglais.
 
TOUTE UNE VIE
André Franquin (1924-1997) : génial, modeste et discret.
«Soyez lisibles, et surtout, faites rire !» disait André Franquin, le père de Spirou et Fantasio ou Gaston Lagaffe, aux jeunes dessinateurs qui lui demandaient conseil. France Culture dresse le portrait d’un auteur surdoué, créateur d’un genre inédit : «l’aventure humoristique».
Sorti le 4 mai. Durée : 1h.

THE DARKEST TIMELINE
Episode #9 : 8 Podcasts in a Zoom Chat.
Ken Jeong et Joel McHale réunissent le casting de Community, pour se souvenir des moments passés ensemble sur le tournage de la série. L’impression réconfortante d’assister à des retrouvailles avec de vieux potes.
Sorti le 9 mai. Durée : 58 minutes. Podcast en anglais.
HAHA
Une newsletter rédigée par Adrien Franque et Clément Mathis.
Logo et illustration : Pierre Thyss.
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