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La newsletter qui prend le rire au sérieux

Hors-série - Pierre Salvadori 

Attention, nouveauté : on profite d'une quinzaine plutôt molle sur le front du LOL pour vous proposer un HAHA hors-série consacré au réalisateur Pierre Salvadori. Un Top 5, avec bonus, pour un artisan régulier de la comédie d'auteur, qu'on trouve encore sous-exposé au vu de sa filmographie irréprochable. A l'occasion de la sortie d'En Liberté ! le 31 octobre, voilà donc un guide pour s'y retrouver dans les 25 ans de carrière du metteur en scène des Apprentis.

5. Dans la cour (2014)

Avec Gustave Kervern et Catherine Deneuve... Durée : 1h37.

Gustave Kervern en musicien déprimé reconverti concierge, Catherine Deneuve en retraitée angoissée par une fissure dans son salon : Dans la cour est une comédie dépressive entre voisins, un buddy movie de cour d'immeuble. Après des années 2000 marquées par le succès au box-office de Hors de prix (2 millions d'entrées, omis ici mais pas loin de notre Top 5) puis l'échec de De vrais mensonges, Salvadori propose une comédie un peu moins grand public, mais revenant à ses obsessions mélancoliques. Sympathique mais sentant un peu le renfermé, Dans la cour vaut surtout pour son duo principal atypique et quelques seconds rôles hallucinés, le dealer Pio Marmaï en tête. 

La bande originale 

Des Magnetic Fields à Camille Bazbaz
Pour la BO de Dans la cour, Pierre Salvadori s'est octroyé les services du songwriter américain Stephin Merritt, leader des Magnetic Fields. Un peu à l'instar du cinéma de Salvadori, l'écriture de Merritt est drôle et variée, passant de l'ironie au profond sentimentalisme. Depuis Comme elle respire et son thème très nineties, le cinéaste s'est associé au compositeur Camille Bazbaz, auteur encore une fois de la BO d'En Liberté !, inspirée par les génériques des séries télé comme Amicalement vôtre ou Mission impossible comme il raconte à Cinézik.

4. ...Comme elle respire (1998)

Avec Marie Trintignant et Guillaume Depardieu... Durée : 1h40.
Marie Trintignant en mythomane invétérée tombe sur un Guillaume Depardieu escroc à la petite semaine. Après Cible émouvante puis les Apprentis, Salvadori veut faire de Marie Trintignant sa prochaine héroïne. S'il considère Comme elle respire comme raté, le film, qui est aussi l'occasion d'apprécier le jeu fragile de deux grands comédiens disparus prématurément, a le charme de son rythme bancal, entre gags cartoon et élans mélancoliques, avec, surtout, un final en état de grâce.

Le second rôle 

Serge Riaboukine
Eternel second rôle au cinéma et à la télé, peut-être principalement identifié par son rôle de mafieux-en-chef dans La Tour Montparnasse infernale, Serge Riaboukine a sûrement connu ses meilleurs personnages dans les films de Pierre Salvadori. Dans un style «Depardieusien» (qu'il imitait dans La Classe sur FR3 au début des années 1990), fort en gueule, il s'est taillé deux partitions de nervis à la fois flippants et pathétiques dans Comme elle respire et Cible émouvante. Il sera catalogué dans ce genre de rôle de voyous par la suite, sûrement aidé par ses origines russo-monténégrines et son visage balafré. 

3. Cible émouvante (1993)

Avec Jean Rochefort et Guillaume Depardieu... Durée : 1h27.

Pour son premier scénario, Pierre Salvadori imagine Jean Rochefort en tueur à gages solitaire et guindé, qui prend sous son aile un Guillaume Depardieu plein de bonne volonté. Les deux se coltinent une cleptomane (Marie Trintignant) qu'ils ne parviennent pas à tuer. Le rôle est parfait pour le stoïcisme british de Jean Rochefort, qui fait face aux deux chiens fous Depardieu et Trintignant. Pierre Salvadori reviendra sur sa collaboration avec Jean Rochefort dans Libération après la mort de ce dernier.

Les influences 

Expert de l'histoire de la comédie, Salvadori revendique, pour Cible émouvante, l'influence des films britanniques des années 1950 des studios Ealing, tels que Tueurs de dames. Mais sa filmographie révèle un amour du comique allant de Lubitsch à la comédie italienne (il cite souvent Le Pigeon de Mario Monicelli, comme dans sa playlist pour la Cinétek), voire aux comédies américaines modernes, telles que Cinq ans de réflexion, comme il s'en explique longuement dans cet entretien avec Emmanuel Burdeau.

2. En liberté ! (2018)

Avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Audrey Tautou... Durée : 1h48.

Une jeune inspectrice de police (Adèle Haenel) découvre que son mari (Vincent Elbaz), mort dans l'exercice de ses fonctions, n'était pas un héros local mais un ripou. Elle décide alors de venir en aide à Antoine (Pio Marmaï), injustement incarcéré à la place de son époux. En Liberté ! est, comme à chaque fois pour Salvadori, une inclassable comédie de personnages basée sur les histoires, les mensonges, les quiproquos. Traversé de moments de mélancolie, autant que de gags ou de traits d'esprits, le film repose sur l'énergie déployée par ses deux têtes d'affiche, Adèle Haenel et Pio Marmaï, impeccables.

1. Les Apprentis (1995)

Avec François Cluzet et Guillaume Depardieu... Durée : 1h35.

Comédie générationnelle, Les Apprentis est le portrait de deux jeunes loosers parisiens, unis par un concours de circonstances. Le film raconte l'amitié masculine mais aussi la dèche, la dépression et l'ennui du quotidien. Une comédie autant sociale que burlesque, portée par François Cluzet, parfait en écrivain raté, et un Guillaume Depardieu en grand naïf dégingandé. 

Le one-liner 

Les podcasts 

Le Cinéma est mort (Canal B). 22 décembre 2010.
Le Cinéma de Pierre Salvadori.
L'excellente émission cinéphile de Canal B avait consacré en 2010 tout un épisode aux films de Pierre Salvadori, directeur d'acteurs remarquable qui pratique un cinéma «d'amoureux timide». C'est disponible sur YouTube. 
Durée : 53 minutes.

Ciné qui chante (France inter). 16 août. 
Pierre Salvadori.
L'été dernier, le réalisateur a donné sa playlist de chansons piochées dans diverses bandes originales, du Rocky Horror Picture Show à la démente reprise de My Way par Sid Vicious qui clôt Les Affranchis.
Durée : 53 minutes.

Y a plus de papier ! (Hadrien et Mathieu). 30 septembre.
#31 - La comédie populaire.
Et enfin, un petit oubli de la dernière newsletter qui a toute sa place ici, puisque le très bon podcast sur l'écriture et le scénario Y a plus de papier a réalisé un épisode en compagnie de deux scénaristes de comédie populaire, Guy Laurent (Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?) et Grégoire Vigneron (Le petit Nicolas). L'occasion de comprendre le système de la production ciné française de comédies, que fustigeait de son côté Salvadori dans une interview aux Fiches du cinéma en 2013.
Durée : 2h15. 
Cette newsletter est une œuvre originale d'Adrien Franque.
Logo et illustration : Pierre Thyss.
Webdesigner : Thomas Devos.

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