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Il y en a pour tous les goûts dans la newsletter de cette semaine : du stand-up surréaliste et fantaisiste avec Yacine Belhousse en ce moment à la Nouvelle Seine, gentiment rempli d'auto-dérision névrosée avec Gary Gulman sur HBO ou de la série animée régressive et poétique avec Monsieur Flap sur France TV Slash. Faites votre choix !
N'hésitez pas à envoyer vos recommandations et avis à revuehaha@gmail.com.   

Une reco de spectacle à voir en ce moment.
Photo Laura Gilli.
Yacine Belhousse joue son spectacle
Durée: 1 heure. Jusqu'au 14 décembre à la Nouvelle Seine à Paris
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«Ecouter mes blagues, c’est comme fumer du shit, si vous résistez, vous allez faire un bad trip», prévient Yacine Belhousse en guise de mode d’emploi de son spectacle, à la suite d’une longue discussion imaginaire avec une flaque extraterrestre. Et c’est vrai que tout esprit trop sérieux serait rapidement rebuté par ces saynètes délirantes de grand enfant hyperactif. Un public de ninjas qui chuchotent pour montrer leur approbation, un tigre pilote d’avion, Adolf Hitler qui raconte une blague… Inventif et candide, le spectacle de Yacine Belhousse fait défiler toute une galerie de situations surréalistes, adroitement liées par les qualités de conteur du comique, qui cherche avant tout à toucher à l’universalité de l’humour.

Sociétaire des premières saisons du Jamel Comedy Club, Yacine Belhousse cultive depuis quelques temps ce stand-up assez unique sur la scène française, nourri en grande partie par ses voyages à travers la planète, de l'Afrique du Sud au Japon, une expérience d’explorateur comique dont il a tiré un documentaire, Voulez-vous rire avec moi ce soir ?, diffusé l’an dernier sur Comédie+ (HAHA #18). Une volonté d’excentricité qu'il doit également à sa rencontre avec le vétéran de l’humour britannique Eddie Izzard, son modèle, qui l’a pris un temps sous son aile.

«J’ai réussi à vaincre ma peur de l’avion, et quand je dis peur de l’avion, je veux bien dire peur de la mort, d’accord ? J’avais pas peur de la clim». Toute la dextérité et le métier de Yacine Belhousse réside dans cette foi dans l’absurde, sa capacité à garder pendant une heure le spectateur, à coups de contorsions vocales et physiques, dans sa fantaisie comique.

Une sélection des meilleurs articles sur la comédie parus dernièrement.

Jamel. On ne savait pas qu'on avait envie de voir ça, mais cette interview de Jamel Debbouze par Konbini sur ses débuts est assez passionnante, émouvante même lorsqu'il aborde son handicap et son besoin de compenser par le rire.  

Témoignages. A la rencontre de quatre femmes humoristes (parmi lesquelles Mahaut Lou de la série Stand-up Vie, HAHA#50) qui font face au sexisme dans le milieu du stand-up. Faut-il écrire des vannes non-genrées ou au contraire être revendicative ? Faut-il accepter une sorte de «discrimination positive» ou la dénoncer ? Avoir une tenue provocante ou se fondre dans la masse ? Chacune a sa méthode, c'est à lire dans les Echos.

Running gag. 15 ans que Paul Rudd vient sur le plateau de Conan O'Brien présenter son dernier film ou sa dernière en série en date (en l'occurrence Living with Yourself sur Netflix), et quinze ans qu'il fait la même vanne : montrer un extrait du nanar Mac & Me à la place de la promo de son dernier projet. Ce fut encore le cas la semaine dernière, et même au bout de la quinzième fois, le running gag fonctionne toujours.

#MeToo. L'après #MeToo décrypté par le stand-up : Slate a regardé les derniers spectacles d'Aziz Ansari, Bill Burr ou Dave Chappelle pour tenter de voir où en est la discussion sur les rapports femmes-hommes, les violences masculines ou la virilité deux ans après.

Joker. Slate, encore, consacre un long article à Todd Phillips, le réalisateur de Joker, en retraçant son parcours, sa fascination pour le chaos, la violence, et son rapport compliqué à la comédie.

Une reco de spectacle à voir en ce moment.
Gary Gulman : The Great Depresh
Diffusé sur HBO le 5 octobre. Durée : 1h15.

Humoriste vétéran des comedy clubs américains, Gary Gulman a touché le fond en 2017 : une sévère dépression qui l'a paralysé pendant plusieurs semaines. «Ma femme m'a raconté après coup que tout ce que je faisais, c'était pleurer et dormir. Je me suis défendu : "J'ai aussi regardé Better Call Saul".» The Great Depresh, comme son nom le laisse transparaître, tente de tourner la dépression en dérision, tout en intégrant entre les vannes des séquences documentaires dans le quotidien de Gary Gulman.

Plus qu'un spectacle sur la dépression, c'est donc une étude de caractère auquel on a droit, Gulman revenant sur son adolescence et les carcans de la masculinité à cette époque : «En 1987, je ne me sentais pas en sécurité quand je commandais un Sprite. Ça va paraître dingue, mais parmi les hommes de ma communauté, c'était considéré comme une boisson de femme.» L'humoriste, connu sur Twitter pour dispenser des conseils quotidiens à tout apprenti stand-uppeur, fait dans l'auto-dérision touchante avec une dextérité de vieux routier. Sa dégaine même est celle d'un comédien intemporel : c'est peut-être pour cela qu'il a été casté dans son propre rôle pour une scène de stand-up dans le récent Joker

Une reco de série diffusée en ce moment.
Monsieur Flap, saison 2
Websérie animée. Diffusée sur France TV Slash depuis le 13 octobre. 4x5mn.

C’est la misère pour Monsieur Flap, qui vit à présent sous un pont avec son pote SDF, Claude. Un jour, il reçoit un message de son ex : il va être papa ! Très vite, l’angoisse monte. Et si son enfant héritait de sa difformité ? Car Monsieur Flap, Philippe de son prénom, n’est autre qu’un homme avec un cul à la place de la tête, un œil unique logé dans l'anus, et des testicules en guise de moustache qui l’empêchent de s'exprimer correctement. 

Au delà des blagues très crades - et drôles - sur ce physique pour le moins particulier, et un humour un peu pipi-caca, la série, produite par le studio Bobby Prod (Les Kassos), aborde de vrais sujets. La saison 1 renfermait les angoisses d’un Philippe conscient de sa différence, souffrant du regard des autres, qui veut se faire aimer. La saison 2 parle de responsabilités, de la place d’un père maladroit dans une famille recomposée, de l’amitié entre marginaux, avec un Monsieur Flap si touchant qu’on en oublie, nous aussi, qu’il a un cul à la place de la tête.

Le meilleur de l'humour en baladodiffusion de ces deux dernières semaines.
Office Ladies (Earwolf). 15 octobre.
The Pilot.
Un podcast making-of de The Office : Jenna Fischer (Pam) et Angela Kinsey (Angela) décortiquent épisode par épisode la série de NBC, à commencer par le pilote, dont on apprend par exemple qu'il a été filmé six mois avant le reste de la saison 1. De quoi donner envie de re-regarder la série même si, sûrement à cause de la nervosité des deux présentatrices, le ton de ce premier épisode est un peu surexcité.  
Durée : 50 minutes. Podcast en anglais.

A bientôt de te revoir. 23 octobre.
48. Vincent Macaigne.
Sophie-Marie Larrouy reçoit un Vincent Macaigne débordant d’anecdotes étranges distillées d’un ton gêné et rieur. Leur conversation toute en digressions nous transporte d’un croissant au jambon à des gangs d’enfants dans la banlieue londonienne, de cocktails au mezcal sirotés au MacDo de Répu jusqu'aux maladies du temps jadis. (A écouter uniquement sur l’appli Sybel pour le moment). 
Durée : 50 minutes.

Good One. 14 octobre.
Taika Waititi's Thor: Ragnarok (Rediff).
Une heure de dialogue sur la comédie avec le réalisateur néo-zélandais Taika Waititi, qui revient sur son film Thor Ragnarok et révèle notamment comment il a pu faire passer autant de blagues dans le film, transformant une super-production ultra sérieuse en comédie d’action.
Durée : 57 minutes. Podcast en anglais.
HAHA
Une newsletter rédigée par Adrien Franque et Clément Mathis.
Logo et illustration : Pierre Thyss.
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